L’intellectuel africain, la poisse ?

L’école a permis à tous les pays Africains de produire des intellectuels, des élites compétents dans tous les secteurs. Certains hommes et femmes ont fait leurs études supérieures dans les prestigieuses universités européenne, américaine, russe ou asiatique ajouté à des expériences débordantes.

Des élites considérées comme les éclaireurs du peuple jouent alors les premiers rôles sur tous les plans. Ainsi l’Afrique était fière de ses fils et filles et espérait connaître un développement. Evidemment cette intelligentsia a contribué au développement du continent. En réalité, ces élites africaines porteuses d’espoir traînent des casseroles, ce sont de véritables fossoyeurs. Elles sont à l’origine de pratiquement tous les maux qui empêchent le continent de se développer.

 

C’est à croire que l’éducation qu’ils reçoivent ne déforme que ne forme. Les preuves de leur ignominie sont palpables, en politique ce sont eux qui dirigent ou installent des systèmes autocratiques, dictatoriaux où règnent la corruption, la dilapidation des biens publics, l’injustice, la paix armée, la liste est longue.  D’un autre côté, ces têtes bien faites conscientes du passé de leur pays respectif vont encore s’allier avec ceux qui les ont vendu, pillé, exploité, détruit dans un passé lointain non pour exiger la justice et les réparations ou le transfert de la technologie plutôt pour apprendre à en faire davantage. Des éminents universitaires qui mettent leurs savoir, savoir-faire, savoir-être dans le placard pour arborer des accoutrements de disciple pour être au service des personnalités borgnes insensibles aux souffrances du peuple. Des dirigeants prêts à offrir gracieusement leur sous-sol contre leur maintien au pouvoir, à pourchasser, brutaliser, enfermer voire tuer ceux qui les critiquent. L’avènement de la démocratie est venue rallonger le diagnostic des maux, les gens sont rentrés en politique dans le seul but de s’enrichir et de s’octroyer une immunité. L’image des intellectuels africains continue de subir une sérieuse modification qu’il serait difficile de la reconstituer.

Les élites africaines, jusqu’à la fin du 20 unième siècle, étaient des rapaces domiciliées dans les villes et dans les grandes agglomérations ,de nos jours, elles sont en train de s’installer dans les cantons, les villages ou les campagnes pour continuer leur gloutonnerie. Le phénomène est arrivé par l’intronisation de ces nouveaux chefs, notables et conseillers dite lettrés qui devraient permettre à leur localité d’avoir un véritable interlocuteur, intermédiaire en mesure de communiquer facilement avec le pouvoir central. A priori ce choix des gouvernants est judicieux malheureusement il se fait que ces nouveaux responsables deviennent les bourreaux de leur communauté pire encore ils transgressent les us et coutumes, la quintessence de leur culture. C’est ce qui se passe à Aného, ville située à 50 km sud-est de Lomé, où la prise d’une pierre sacrée, une tradition vieille de plus de 2 siècles du peuple Guin du Togo, Bénin, Ghana et d’Haïti est devenu la pierre de la discorde.  La prise de cette pierre de différentes sortes de couleurs à chaque début septembre présage le nouvelle année. Seulement la blanche signe de pureté et d’annonce des évènements positifs est régulièrement prise dans la complaisance  parce qu’elle serait sponsorisée par certains individus. Ces chefs arrivent à leurs fins grâce à la corruption, le chantage, l’intimidation souvent en complicité avec certaines personnes âgées et les dirigeants politiques. Ils bradent les terrains même ceux des forêts sacrées, les biens ancestraux de leur clan et délivrent des faux documents. Ils vont jusqu’à vendre le secret occulte de leur localité aux dirigeants ou aux nantis, d’ailleurs ce sont les marionnettes des politiques principalement du pouvoir central. Dans tout ce désordre importé, ces chefs et notables lettrés ne se soucient guère du développement de leur milieu même le peu de dons que bénéficie leur localité la population est privée .

Les conséquences de ces nouveaux règnes sont la perte de l’identité culturelle, la désacralisation des mœurs, l’inefficacité des forces occultes, l’exode rural, l’individualisme, la méfiance. Le village, la campagne qui était récemment un milieu de retour aux sources, de refuge, de repos, de quiétude ne l’est plus et n’attire personne même ceux qui sont natifs. Par ailleurs cette intronisation des chefs intellectuels causent aussi énormément des problèmes de succession. Cette intellectualisation du trône crée plus de problèmes que d’apport de solutions.

Les intellectuels paraissent de nos jours comme des faisceaux lumineux dans un abysse. Néanmoins, il reste quelques intellectuels qui ont conservé leur dignité au mépris de leur vie. L’heure a sonné à une prise de conscience collective principalement de ceux qui dirigent le continent de prouver qu’ils ont un peu de dignité en vulgarisant tout au moins quelques vertus comme l’intégrité, la justice, l’impartialité, la liberté, l’unité…