Etranges spots SIDA


Les messages de sensibilisation qui se diffusent sur les médias togolais sont confus.
En premier, il y a les acteurs qui participent à ces spots , parmi eux, on retrouve des personnes qui mènent une vie peu recommandable au vu et au su de tout le monde ce qui est contradiction avec leur engagement dans les spots.

 Par exemple, un jeune participant à un de ces spots déclare avec fierté  ‘’ je ne sors jamais sans ma protection pour la vie’’ alors qu’ il a enceinté une lycéenne qui a due cesser ses études alors qu’ils ne se sont pas mariés. Une personne de cet acabit décrédibilise le message à transmettre parce que sa seule participation au spot donne une certaine image des autres acteurs et au sein de son milieu social personne ne prendra au sérieux le message qui passe.     

 


Normalement ceux qui doivent passer dans ces spots doivent être des quidams modèles dans la société même s’il est difficile de trouver une personne exempt de toute reproche cherchons au moins des personnes exemplaires dans leur environnement. De plus, certains acteurs n’ont pas une personnalité ou une image qui pourra influencer les différentes cibles des spots.

En ce qui concerne le message, ce sur quoi les partenaires de ces spots visent à atteindre leur objectif ne transmet rien comme référent, plutôt cela choque beaucoup de gens.             

                                 

 Dans un spot, un ami arrive chez son prochain qu’il prétend être soucieux, il lui demande ce qui ne va pas et ce dernier déclare qu’il est séropositif et il se voit déjà dans une tombe au cimetière.

 

Ce qui est inconcevable dans ce spot et aucun sociologue ou psychologue togolais ne contredira, c’est qu’il est quasi impossible à une tierce personne même compte tenu du degré de sa relation avec son interlocuteur qu’il lui révèle aussi facilement son statut sérologique.

 

En Afrique et particulièrement au Togo où une personne souffrante des maux de ventre dit qu’il a mal à la tête parfois même devant le médecin. Le Sida qui est toujours considéré comme la maladie de la honte ou du vagabondage sexuel, il est impossible qu’une personne avoue aisément à son prochain son statut.

 Dans une autre sensibilisation on voit deux jeunes hommes qui visitant leur ami menuisier, leur première adresse est de savoir s’il a déjà fait son test sérologique et comme celui-ci ne l’a pas encore fait ils l’ont sensibilisé à le faire. En tant que jeune et côtoyant  mes paires, les sujets de discussion portent rarement sur les IST SIDA et même si on l’évoque on le fait brièvement. Ce qui veut dire que ce spot aussi passe à côté de la plaque.

 Dans un autre annonce, il y a une étrange scène qui se déroule, un jeune homme en compagnie d’une dame croise un ami qui l’interpelle et lui fait un geste qui signifie : pincer le bout du préservatif et de le dérouler. Ce passage du spot est choquant puisque ce que dit l’image aussi c’est que dès qu’un homme est avec une femme dans la rue c’est qu’il est avec sa compagne et ils vont bientôt entretenir les relations sexuelles. Une fois de plus le message prête à polémique que ne sensibilise.

En fin il y a ce spot où on voit de jeunes filles et garçons qui jubilent ayant en main un préservatif qu’ils sentent en savourant son odeur, le petit cousin devant cette scène à la télévision a tout simplement demandé à sa maman de lui ramener ce bonbon du marché demain, a-t-il raison ? nous ne saurons savoir, quand même nous pouvons lui donner raison puisque le préservatif est devenu une friandise dont on savoure l’odeur ou un trophée qu’on exhibe. Un tel spot radicalise la position de l’église catholique qui interdit l’usage du préservatif en lieu et place de l’abstinence.

Bref presque tous les spots télévisuels qui sensibilisent sur le SIDA sont contraire à nos réalités socio- culturelles. C’est à se demander si ces spots passent devant les instances de régulation, aussi quelles analyses de fond et de la forme font ses nombreux experts qui sont au sein de ces organismes qui donnent de gré à gré des spots aux structures de communication.

Ces spots qui sont diffusés sur les télévisions togolaises doivent être retirées et revues pour une rediffusion pour mettre fin à ce laisser- aller  tapage médiatique qui fait rire la cible que de la conscientiser. 
Aussi, ne serait-il pas mieux de revoir la campagne de sensibilisation qui n’a pas autant d’effet sur les concernés sinon comment comprendre qu’un nombre important de jeunes filles avortent leur grosse ou les femmes enceintes sont dépistées séropositives lors des examens prénataux.