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Tenant un récipient contenant une substance poudreuse dans une main et un bâton dans l’autre, Lasso Soar verse progressivement la poudre dans une jarre remplie d’eau et utilise son bâton pour remuer le mélange. Il explique : « C’est de la poudre de neem. Je suis en train de fabriquer un insecticide biologique à base de neem. »
 
L’agriculteur de 34 ans vit à Kaélé, un village situé dans l’Extrême Nord du Cameroun. Sur une parcelle de deux hectares, il cultive de la tomate, du gombo, du chou, du haricot vert, du persil et du céleri. Depuis trois ans, il utilise un insecticide biologique qu’il fabrique lui-même.
 
Les cultures de Lasso Soar, comme celles des autres agriculteurs et agricultrices de Kaélé sont attaquées par divers ravageurs. Il déclare : « Il y a, par exemple, des mouches qui se posent sur les fruits et les abiment, il y a aussi des chenilles qui rongent les tiges et les feuilles. »
 
Monsieur Soar avait l’habitude d’utiliser un insecticide chimique en poudre qu’il diluait dans l’eau et aspergeait ensuite sur ses plantes. L’insecticide chimique était efficace, mais présentait plusieurs inconvénients. Il explique : « Cet insecticide chimique n’est pas disponible au village. Il faut tout le temps aller en ville pour l’acheter. En plus, la boîte coûte 8 000 FCFA (15$ US), et le contenu ne suffit que pour deux utilisations. J’ai dépensé trop [pour ces produits chimiques]. »
 
Monsieur Soar a appris à fabriquer son propre insecticide biologique lors d’un atelier de formation organisé par sa coopérative agricole. Après seulement un essai avec l’insecticide à base de neem, il a été convaincu. Avec un large sourire, il déclare : « Pour les deux dernières récoltes, je n’ai eu aucune perte due aux ravageurs. C’est vraiment formidable. L’insecticide de neem est efficace, c’est pratique et ça ne me coûte rien puisque j’ai les graines de neem en abondance. »
 
Il explique comment il fabrique la poudre de neem utilisée dans l’insecticide : « Le processus est assez simple. Il faut décortiquer les graines sèches de neem. Ici, nous le faisons en les pilant dans un mortier. Ensuite, on sépare manuellement les graines des coques. On trie en enlevant toutes les graines qui présentent des signes de moisissure. On broie ces graines à l’aide d’un moulin manuel ou à maïs. Et on obtient la poudre de neem. »
 
Une fois que la poudre est prête, il prépare l’insecticide. Il verse 10 litres d’eau dans un récipient et y rajoute une poignée de savon de ménage râpé et 500 grammes de poudre de neem. Il mélange ces ingrédients et laisse le mélange reposer pendant une journée. Puis, en fin d’après-midi ou en début de soirée, il tamise le mélange et renverse le liquide obtenu dans un pulvérisateur, prêt pour l’utilisation.
 
Monsieur Soar met en garde les agriculteurs de ne pas utiliser l’insecticide n’importe quand. Il explique : « Il faut appliquer l’insecticide en fin d’après-midi ou en début de soirée, car le soleil diminue l’efficacité de l’insecticide. Si les plantes sont déjà infectées, on utilise l’insecticide deux fois par semaine. »
 
Yaouba est un autre agriculteur qui utilise depuis peu l’insecticide à base de neem. Il pulvérise l’insecticide pour empêcher les chenilles d’attaquer son millet. Il déclare : « J’utilise cet insecticide à titre préventif, une fois tous les 10 jours. J’ai commencé à [l’utiliser] le lendemain des semailles et je le ferais jusqu’à une semaine avant la récolte. J’ai fait ce choix pour des raisons économiques. J’économise de l’argent en utilisant l’insecticide biologique. De plus, utiliser cet insecticide en abondance n’a pas d’effets négatifs sur ma santé. »
 
Michel Nkeng est chercheur à l’Institut de recherches agronomiques pour le développement, un institut rattaché au ministère camerounais de la Recherche. Il affirme que les insecticides biologiques faits à base de neem sont efficaces contre divers organismes nuisibles. Il ajoute : « Le neem contient plusieurs produits actifs parmi lesquels l’azadirachtine qui empêche les [insectes] qui s’attaquent à cette plante de se développer. »
 
Le chercheur explique que l’azadirachtine – prononcé a-za-de-rak-tin – freine la croissance des chenilles et les empêche de se reproduire. L’insecticide biologique bloque leur respiration, les empêchant ainsi de se nourrir, et finit par les tuer.
 
Pour monsieur Soar, savoir comment fabriquer son propre insecticide est libérateur. Il n’a plus à se soucier de la disponibilité des insecticides puisqu’il dispose d’une quantité abondante de neem. Et cela lui procure une tranquillité d’esprit.
 

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