Brèves
Menace pour YouTube ? Facebook lance Watch, un espace pour les vidéos Google lance Gradient Ventures, un fonds de capital-risque axé sur l'IA Le Maroc va accueillir la plus grande usine de dessalement au monde Yahoo s’imagine écouter ce que vous dites dans la rue pour afficher des pubs L’Allemagne veut que 100 % des voitures vendues soient électriques en 2030 L’adieu au laptop : le prochain Dell XPS 13 devrait être un PC hybride 2-en-1 La Chine expérimente les séjours spatiaux plus longs Trente pays ont ratifié la Charte de Lomé sur la sécurité maritime Un bug sur FIFA Ultimate Team gâcherait le jeu depuis 7 ans L’Inde impose un « bouton de secours » sur tous les mobiles à partir de 2017

Malte n'a pas la réputation d'être une terre d’accueil facile pour les migrants venus d'Afrique. De nombreuses organisations humanitaires se sont insurgées par le passé contre les conditions de détention des personnes échouées sur ses côtes.

Depuis le 1er janvier 2017, Son gouvernement assure la présidence tournante de l'UE et prend cette charge très au sérieux. Il s’est engagé à œuvrer avec énergie pour la protection des frontières européennes et depuis, un violent vent d'insécurité souffle sur la communauté des demandeurs d'asile venus d'Afrique.

Nous avons rencontré Alec Douglas Bvumburah de nationalités zimbabwéenne et britannique. Banquier de formation, aujourd'hui activiste des droits humains et fondateur de CCIF (Cross Culture International Foundation), une ONG basée à Malte depuis 2012 qui lutte contre toutes formes de trafics humains et promeut des échanges culturels Nord/ Sud.

Le quotidien se fait de plus en plus difficile pour les Africains en Europe. Malgré cette hostilité affichée, de nombreux jeunes restés sur le continent ne rêvent que de partir. Que leur dites-vous?

   La meilleure forme d'immigration est celle qui se fait par des voies sécurisées ; une bourse d’Études ou un contrat de travail obtenu depuis l'Afrique. Ces opportunités ne sont pas nombreuses mais elles existent. Cependant, la solution est de créer des opportunités sur place. CCIF a ouvert ses bureaux à Malte et à Chypre pour nos projets européens, mais au vu de la tragédie à laquelle nous avons assisté l'année dernière avec des milliers de personnes noyées en mer, nous avons pensé à apporter notre contribution pour l'amélioration des conditions de vie locale, c'est ainsi que nous sommes sur le chantier de l'ouverture d'un bureau au Zimbabwe, et notre futur projet immédiat concerne le Nigeria.

Comment êtes-vous arrivé à Malte?

   J'ai bénéficié d'une “voie sécurisée”. Je suis allée en Angleterre pour études. Là, j'ai obtenu un MBA en Marketing et j'ai commencé à travailler pour la HSBC qui m'a ensuite affecté dans sa filiale de Malte. Ici, j'ai découvert une communauté souffrante, j'ai particulièrement été touché par l'histoire de deux jeunes Nigérianes menant une vie si misérable que l'idée de l'ONG a commencé à germer en moi.

Malte assure depuis le début d'année la présidence de L'UE et les autorités du pays ont été claires dans leurs intentions de durcir la politique d'immigration. Le discours haineux envers les personnes noires sur les réseaux sociaux est décomplexé. Des rafles ciblées sont organisées par la police, l'accès aux Night Club leur est souvent refusé, Un homme d'affaire Noir Américain a décidé il y a quelque temps de quitter le pays, dégoûté par l'esprit ambiant ...Dans ces conditions, une famille africaine peut-elle vivre heureuse à Malte?

       Oui. Moi je vis ici avec ma femme et mes enfants et je suis heureux. Je reconnais que la réalité que vous venez de décrire existe bien, parfois on a l'impression ici d'être ici à l'âge de pierre mais c'est la persévérance qui ouvre les cœurs des gens. Nous avons un projet qui s'appelle « Malta Sharing Diversity » qui promeut les rencontres culturelles. Nous organisons des ateliers culinaires, vestimentaires, musicales...etc entre communautés maltaises et non maltaises. Grâce à ce projet, j'ai vu la mutation positive de l'opinion des Maltais sur les Africains. Du coup beaucoup me disent: « je n'aime pas les migrants, mais avec toi je peux travailler. Grâce au travail que je fais pour mixer les communautés, je réussis même à trouver des opportunités de travail pour les Maltais. »

L'image négative qui colle aux réfugiés en général semble s'être focalisée sur les personnes noires. Comment votre organisation aborde -t-elle cette question ?

   Notre raison d'être est la lutte contre le trafic humain, mais aussi nous nous battons pour donner aux migrants les outils pour combattre la marginalisation.

Pour cela, nous avons pensé, en partenariat avec une ONG sœur le projet STEP UP. C'est un cours gratuit d'auto-entrepreneuriat dans lequel nous aidons les participants à créer un business plan à partir d'un talent inné en eux. Nous considérons en effet que chaque être humain a un talent révélé ou caché donné par Dieu.

Nombreuses sont les personnes qui ne peuvent poursuivre des études, soient pour des raisons économiques, ou pour toute autre raison. Ce projet est pour eux. S'ils ont un talent, ce dernier peut être encadré par nous et devenir une source de revenus, car après la formation intensive qui dure deux jours, nous les aidons ensuite dans les démarches pour obtenir des fonds afin de commencer leur activité .

 Cette approche holistique de l'entrepreneuriat a été pensée par des chercheurs travaillant pour de grandes Universités Européennes et a déjà fait ses preuves sous d'autres cieux. Malheureusement, beaucoup de “frères” ne viennent pas aux cours, ils préfèrent garder leurs jobs pénibles afin de soutenir économiquement la famille restée au pays.

Que pensez-vous de cette pratique? N'est-il pas mieux d'épargner cet argent pour se payer une bonne éducation qui leur assurerait un futur meilleur pour eux et pour leur famille?

   Je dois dire que j’approuve en partie cette pratique, car moi-même j'envoie tous les mois de l'argent à la famille. Nous avons une culture de solidarité en Afrique que nous chérissons. Mais cela est louable seulement pour ceux qui peuvent se le permettre, il n'est conseillé à personne de se tuer à la tâche pour aider une famille qui n'a souvent aucune idée de la difficulté de gagner cet argent.

Autre à votre travail avec CCIF, vous dirigez une petite congrégation Chrétienne. Dites-nous en un peu plus.

   Je suis aussi Pasteur. Je considère que la foi va au delà des chants et de la lecture de la Bible. Loin de moi l'idée d'attaquer les Catholiques, mais la réalité nous démontre ce qu'il en est. « Hope Church Malta » est une petite communauté qui regroupe une quarantaine de personnes dédiées à l'aide au prochain. Nous visitons de vieilles personnes, nous organisons des bancs alimentaires, nous habillons les nécessiteux. Parfois tout cela se fait sans prononcer le nom de Jésus ; tout est dans les actes. J'ai été inspiré par le film «Pay it forward». La bonté qu'on a en nous doit être partagée comme une chaîne. J'aimerais presser de mon vivant toute la bonté qui est en moi de sorte qu'il n'en reste rien à ma mort.

Régine Dang Psaila

 

 

Dernières publications

  • Souvenir de Nouna (Burkina)
    Souvenir de Nouna (Burkina)
  • Le président de la presse togolaise donneur de sang
    Le président de la presse togolaise donneur de sang
  • Un forage de 6 mètres au cimetière pour arroser des légumes
    Un forage de 6 mètres au cimetière pour arroser des légumes
  • La  Banque Mondiale finance le Centre d’Excellence Régional en Science Aviaire (CERSA)
    La Banque Mondiale finance le Centre d’Excellence Régional en Science Aviaire (CERSA)
  • Elle veut ses images malgré la menace
    Elle veut ses images malgré la menace
  • A retrouver dans un musée privé de Lomé
    A retrouver dans un musée privé de Lomé
  • Une vue partielle de Lomé
    Une vue partielle de Lomé