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« Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude ; l’esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes les formes. » (Article 4 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948).

 Qui aurait pu imaginer qu’en 2017, que l’esclavage et la traite des esclaves persistent en Mauritanie, au Soudan, en Libye, en Egypte et en Afrique du Sud ?

À la suite de la diffusion le 14 novembre 2017 par la chaîne de télévision américaine CNN d’images montrant un marché aux esclaves où étaient vendus aux enchères des migrants noirs d’Afrique en Libye, en 6mn 50 images chocs ont soulevé un plus large vent d’indignation international.

Comment ne pas être médusé devant le questionnement d’un élève de la classe de CM2 à sa grande sœur de la classe de 3ème, après avoir vu ses images : quelle est la différence entre migration, émigration, immigration  et la traite des esclaves ? Est-ce que l’esclavage existe-t-il encore ? Et que font les Chefs d’Etats Africains ?

Pour moi, c’est loin d’être une question ; c’est un appel à la gouvernance de la migration fondée sur les droits de l’homme, à un état des lieux sur la migration et la traite des esclaves dans l’espace de l’Union Africaine et de l’Union Européenne.

Les questions qui occupent nos esprits depuis les trois décisions du sommet UA-UE contre l’esclavage des migrants en Libye sont : pourquoi l’Union Africaine est aphone au drame que vivent ses enfants en Méditerranée et dans les pays africains qui pratiquent l’esclavage ? Qu’en est-il de la feuille de route commune 2014-2017 de l’UE-Afrique qui envisageait principalement une collaboration euro-africaine dans les domaines de la lutte contre le trafic d’êtres humains, le renforcement de la gestion des migrations et la lutte contre l’immigration irrégulière ?  Est-ce que la mise en esclavage d’Africains est plus acceptable en Mauritanie, au Soudan, en Egypte, en Afrique du Sud qu’en Libye ? Ou se trouve la solidarité africaine de l’Union Africaine ?

 

La migration africaine et la traite des êtres humains

Migrer, c’est se déplacer, c’est quitter un pays d’origine, temporairement ou définitivement, pour un autre pays. En 2016, l’immigration du continent africain est estimée à 1,2 milliards d’habitants. Le défi de demain serait la migration africaine.

 Les causes économiques, sociales, politiques, institutionnelles, naturelles, environnementaux, éducationnelles, psychologiques, volontaires sont les facteurs de la migration intracontinentale et extracontinentale. L’échec des programmes nationaux et régionaux de développement constitue également une préoccupation majeure pour les pays africains, et la non définition des objectifs clairs pour leurs politiques migratoires. Comment ne pas penser à des hommes et des femmes, des enfants, des jeunes, migrants livrés à la traite des êtres humains ?

 La traite des êtres humains ou l’esclavage consiste essentiellement en l’exploitation de personnes dans des conditions contraires à la dignité humaine. La migration africaine et la traite des êtres humains, aujourd’hui, touchent tous les continents et sont devenues le visage de la mondialisation.  

S’interroger sur les traitements cruels, inhumains ou dégradants des migrants africains sur le continent africain : cela pose la question du traitement répressif et déshumanisé des migrants, la privation de la liberté de circulation et la protection des droits humains fondamentaux.

La societas civilis africana

La société civile africaine doit prendre une part active dans la lutte contre l’esclavage. La société civile africaine doit exercer une vigilance renouvelée à l’égard des nouvelles formes d’esclavage.

 Elle doit se mobiliser pour la dignité de la personne humaine, la protection, le respect et la réalisation des droits fondamentaux des migrants. Elle ne doit pas manquer au grand rendez-vous de 2018, car l’année 2018 sera une année diplomatique axée sur la migration.

C’est pourquoi j’en appelle à la société civile africaine, de jouer sa partition tout au long de l’année 2018, durant le processus qui conduira à la définition et à l’approbation par les Nations Unies de deux pactes mondiaux : l’un pour des migrations et l’autre concernant les réfugiés.

Les solutions

Pour résoudre les problèmes de l’esclavage et de la migration, l’Afrique et ses partenaires doivent trouver des solutions durables. Les objectifs du développement durable incluent une cible portant sur l’élimination de l’esclavage, et vise à lutter contre la pauvreté sous toutes ses formes et partout. La mise en œuvre desdits objectifs est un atout considérable pour limiter les flux migratoires en Afrique et dans le monde.

 

Il est absolument nécessaire que les gouvernements des 54 pays africains prennent leur responsabilité pour appliquer et concrétiser les objectifs du développement durable, et domestiquer les conventions des Nations Unies pour la promotion et  la protection des Droits de l’Homme.

Par Bruno Germain HADEN

Consultant en surveillance, documentation et rapportage de violations des droits de l’homme

 

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